Pour remplacer une dent arrachée ou très abîmée, le dentiste propose de plus en plus souvent la pose d’un implant dentaire. C’est une technique très efficace, peu destructive et qui donne des résultats satisfaisants sur la durée.

Or, si cette technique relativement récente offre un confort proche de celui de la dent naturelle, le coût annoncé peut rebuter. On craint d’être mal pris en charge. On peut aussi redouter parfois de se faire vendre au prix fort une prestation dont on n’a pas vraiment besoin.

Notons toutefois que le dentiste qui préconise l’implant n’est que rarement celui qui procédera à sa pause. Faire une telle suggestion revient en réalité pour lui à envoyer ses patients chez un confrère concurrent… Il n’y a aucun intérêt financier.

La prise en charge par la sécurité sociale ou la mutuelle mérite davantage de circonspection. En fonction des matériaux, de la technique utilisée, de la notoriété et de l’expérience du praticien ou de la localisation du cabinet dentaire, le prix d’un implant peut varier de 1200 € à 2600 €. Cette somme relativement importante peut être partiellement prise en charge par la sécurité sociale et certaines mutuelles.

Un dossier complet sur le remboursement des implants par la sécurité sociale

Les prothèses et soins dentaires ne sont remboursés par la sécurité sociale que pour autant qu’ils figurent sur la liste des actes et prestations remboursables. Dans ce cas, ils sont pris en charge à hauteur de 70 % de la base du tarif de l’assurance maladie. Or ce « tarif sécu » n’est que rarement conforme à la réalité des tarifs affichés par les cabinets dentaires. Dans la mesure où les chirurgiens-dentistes sont libres de leurs prix, certains devis sont excessivement élevés.

De surcroît, la pose d’implants n’est pas considérée comme vitale aussi n’est- elle pas remboursée par la sécurité sociale. On la traite comme un acte «hors nomenclature».
Si l’on se souvient que la pose d’un implant comporte plusieurs éléments, on doit toutefois nuancer cette affirmation : Il faut distinguer :

le pilier sur lequel viendra se fixer l’implant et l’implant proprement dit. Ceux- ci ne sont pas remboursés par la sécurité sociale.
la couronne fixée sur l’implant (c’est la dent artificielle, seule partie visible de l’implant). Celle-ci bénéficie d’un remboursement partiel par la sécurité sociale, comme toute autre couronne classique. (70% sur un tarif de base de 107,50 €)
On notera que la couronne doit comporter une base métallique, de sorte que les couronnes 100% céramique ne sont pas prises en charge Une bonne mutuelle pourra éventuellement compléter le remboursement de la couronne sur implant, sous certaines conditions.

Le remboursement d’un implant dentaire par la mutuelle

De plus en plus de mutuelles se substituent à la sécurité sociale et proposent la prise en charge des implants dentaires. Certaines fonctionnent par exemple sur le principe d’un forfait annuel. D’autres préfèrent garantir un pourcentage de prise en charge, basé sur le tarif de convention de la sécurité sociale. D’autres mutuelles, enfin, proposent des remboursements proportionnels au tarif sécu dans le cadre d’un forfait annuel.

Chaque mutuelle ayant un fonctionnement spécifique, il est conseillé de bien comparer les offres avant de souscrire un contrat, et avant de se faire installer des implants dentaires. Il importe en particulier de vérifier les éléments suivants :

Le montant des couvertures

Il faut évidemment s’assurer que la pose d’un implant est bien prise en charge et vérifier le plafond de remboursement annuel. Il faut aussi vérifier quelles sont les options additionnelles de couverture que l’on a éventuellement souscrites en supplément. Enfin, certaines mutuelles proposent des « avantages fidélité » sous forme d’une couverture supplémentaire au bout de plusieurs années de cotisation. Dans ce cas, il peut être intéressant de reporter la pose des implants de quelques mois.

Le délai de carence

Certaines mutuelles n’accordent le remboursement d’implants dentaires que si l’assuré a cotisé pendant plusieurs mois. Il importe donc de vérifier la date de souscription de son contrat et de vérifier que l’on sera déjà correctement couvert au moment du traitement.

Le montant des cotisations

Quel est l’intérêt de payer un supplément de plusieurs centaines d’euros chaque année, si l’on sait que le montant cumulé des cotisations sera supérieur à ce que l’on peut espérer comme remboursement ? Les complémentaires santé peuvent en effet être coûteuses, parfois bien davantage que les dépenses dentaires d’un individu donné.

Le délai de remboursement

Dans le cas de soins onéreux comme les implants dentaires, le délai de remboursement est un point important car le patient est généralement amené à avancer des sommes d’argent importantes.

La durée d’engagement

Il importe de vérifier la durée d’engagement pour éviter tout malentendu au moment de résilier son contrat.

Faire jouer la concurrence

Il est essentiel de demander plusieurs devis, à plusieurs praticiens, afin de comparer les tarifs.

Dans la mesure où les tarifs des implants dentaires sont fixés, il est possible (et même conseillé !) de faire jouer la concurrence. Il faut alors demander leur meilleur devis à différents cabinets, idéalement dans des villes différentes.

Il faut veiller à ce que les devis soient suffisamment détaillés et présentent bien la totalité des soins.

Certaines mutuelles ont par ailleurs des accords avec des cabinets dentaires, auxquels il est en principe intéressant de s’adresser. Un dentiste conventionné ne pratiquera pas nécessairement les meilleurs tarifs dans l’absolu mais devrait proposer un prix conforme aux exigences de la mutuelle à laquelle il est lié par convention. Dans ce cas, le coût final pour le patient est normalement réduit. Il convient donc de demander à sa mutuelle la liste des professionnels qu’elle recommande.

Enfin, il peut être utile de vérifier si sa mutuelle ne prend pas en charge les traitements à l’étranger. Les personnes qui font le choix de se faire poser des implants à l’étranger devront envoyer leur devis avant de se lancer dans le traitement.

Conclusion

S’il est vrai que les implants dentaires restent coûteux, différents moyens peuvent être combinés pour faire baisser le coût final pour le patient : bonne mutuelle, comparaison des devis, soins effectués à l’étranger… En prenant le temps de bien préparer son intervention, il est possible de faire d’importantes économies. Le cas échéant, il existe malgré tout des soins alternatifs, comme le bridge ou la prothèse amovible (dentier), qui sont moins onéreuses et mieux pris en charge.